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Parasomnies : somnambulisme, terreurs nocturnes et paralysie du sommeil

Votre enfant de 6 ans s'assoit dans son lit au milieu de la nuit, les yeux grands ouverts, et ne vous reconnaît pas. Ou votre ado se lève, ouvre le...

4 articles dans cette rubrique Mis à jour juin 2026
Parasomnies : somnambulisme, terreurs nocturnes et paralysie du sommeil

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Votre enfant de 6 ans s’assoit dans son lit au milieu de la nuit, les yeux grands ouverts, et ne vous reconnaît pas. Ou votre ado se lève, ouvre le frigo, puis retourne se coucher sans aucun souvenir le lendemain. Bienvenue dans le monde des parasomnies. Ces comportements inhabituels pendant le sommeil touchent entre 15 et 40 % des enfants selon l’AASM. Chez l’adulte, c’est moins fréquent, mais quand ça arrive, ça inquiète. La plupart du temps, c’est bénin. Comprendre de quoi il s’agit, ça change tout.

Timeline montrant quand surviennent les parasomnies selon le stade de sommeil

L’essentiel à retenir

  • Les parasomnies sont des comportements anormaux qui surviennent pendant le sommeil (somnambulisme, terreurs nocturnes, paralysie du sommeil…)
  • On distingue celles du sommeil profond (début de nuit) et celles du sommeil paradoxal (fin de nuit)
  • Chez l’enfant, la grande majorité disparaît spontanément avec l’âge
  • Chez l’adulte, certaines parasomnies justifient une consultation pour éliminer une cause sous-jacente

Sommeil profond ou sommeil paradoxal : deux familles de parasomnies

Les parasomnies ne se produisent pas au hasard dans la nuit. Elles dépendent du stade de sommeil dans lequel on se trouve, et ça change tout : le moment de survenue, les symptômes, le profil des personnes concernées.

CaractéristiqueParasomnies du sommeil profond (N3)Parasomnies du sommeil paradoxal (REM)
Moment de la nuitPremier tiers (premières 3-4 heures)Dernier tiers (fin de nuit, petit matin)
ExemplesSomnambulisme, terreurs nocturnes, éveils confusionnelsParalysie du sommeil, cauchemars, trouble du comportement en sommeil paradoxal (TCSP)
Qui est touchéSurtout les enfants (3 à 12 ans)Toutes les tranches d’âge, TCSP surtout après 60 ans
Conscience pendant l’épisodeNon (confusion, regard vitreux)Variable (conscient mais paralysé, ou agit ses rêves)
Souvenir au réveilAucun (amnésie complète)Souvent partiel ou complet (cauchemars, paralysie)
ÉvolutionDisparition spontanée dans 80 % des cas à l’adolescenceVariable selon le type

Le somnambulisme

Le somnambulisme survient en sommeil profond, quand le cerveau est partiellement éveillé mais la conscience reste « éteinte ». Le somnambule se lève, déambule, peut ouvrir des portes, descendre des escaliers, parfois cuisiner ou sortir de la maison. Les yeux sont ouverts, le regard est vide. Si on lui parle, il marmonne ou ne répond pas.

Les chiffres : 15 à 40 % des enfants font au moins un épisode, avec un pic entre 8 et 12 ans. Chez l’adulte, ça concerne 1 à 4 % de la population. Quand le somnambulisme persiste après l’adolescence ou apparaît pour la première fois à l’âge adulte, ça mérite une exploration.

Ce qui déclenche les épisodes : la privation de sommeil (de loin le facteur n 1), la fièvre chez l’enfant, le stress, un bruit soudain, une vessie pleine, certains médicaments (le zolpidem, les neuroleptiques). L’hérédité joue aussi : si les deux parents ont été somnambules, le risque pour l’enfant monte à 60 %.

Le réflexe le plus utile, c’est la sécurisation. Fermer les fenêtres, bloquer l’accès aux escaliers, retirer les objets coupants ou fragiles. On ne réveille pas un somnambule (c’est désorientant et inutile), on le raccompagne doucement vers son lit.

Les terreurs nocturnes

À ne pas confondre avec les cauchemars. La terreur nocturne, c’est un éveil partiel brutal en sommeil profond. L’enfant (3 à 6 % des enfants, pic entre 4 et 8 ans) hurle, pleure, a le regard terrorisé, le coeur qui bat à 150 bpm, transpire. Mais il n’est pas réveillé. Il ne reconnaît pas ses parents, ne se laisse pas consoler, et le lendemain matin, il ne se souvient de rien.

C’est impressionnant pour les parents. Vraiment. Mais c’est bénin dans la quasi-totalité des cas.

La différence avec un cauchemar : le cauchemar survient en sommeil paradoxal, en fin de nuit. L’enfant se réveille, pleure, peut raconter son mauvais rêve, se laisse consoler, et s’en souvient. La terreur nocturne, c’est l’inverse sur tous ces points.

Ce qu’on fait : on ne tente pas de réveiller l’enfant. On reste à côté pour s’assurer qu’il ne se blesse pas. L’épisode dure 5 à 15 minutes en général, puis l’enfant se rendort comme si de rien n’était. Si les terreurs sont très fréquentes et surviennent à heure fixe, la technique des « éveils programmés » (réveiller doucement l’enfant 15 à 30 minutes avant l’heure habituelle de la terreur, pendant 2 à 4 semaines) donne de bons résultats.

La paralysie du sommeil

Celle-ci, on la vit en pleine conscience, et c’est ce qui la rend si perturbante. Vous vous réveillez (ou vous êtes en train de vous endormir), et votre corps ne répond plus. Impossible de bouger un doigt, de parler, parfois même de respirer profondément. L’épisode dure quelques secondes à deux minutes, mais ça semble une éternité.

Pour beaucoup de gens, c’est accompagné d’hallucinations : une présence dans la pièce, une pression sur la poitrine, des ombres. Ça a alimenté les mythes de sorcellerie et de possession pendant des siècles.

L’explication est physiologique. Pendant le sommeil paradoxal, le cerveau paralyse normalement les muscles du corps (c’est l’atonie musculaire, celle qui empêche d’agir physiquement ses rêves). Dans la paralysie du sommeil, cette atonie persiste quelques instants alors que la conscience revient. Le cerveau est réveillé, le corps est encore en mode REM.

Ça touche 8 % de la population au moins une fois dans la vie, et jusqu’à 30 % des étudiant·e·s (la privation de sommeil et le stress sont des facteurs déclenchants majeurs). La plupart du temps, c’est isolé et bénin. Si les épisodes se répètent souvent, un médecin peut vérifier qu’il n’y a pas de narcolepsie associée.

Le trouble du comportement en sommeil paradoxal

Celui-ci concerne surtout les hommes de plus de 60 ans. Le TCSP (trouble du comportement en sommeil paradoxal), c’est la perte de l’atonie musculaire normale du REM. Le dormeur « agit ses rêves » : il donne des coups de poing, crie, se débat, peut tomber du lit ou blesser son/sa partenaire.

C’est un trouble sérieux, pour deux raisons. Le risque de blessure d’abord. Et surtout : le TCSP est un marqueur précoce de maladies neurodégénératives. Selon une étude publiée dans The Lancet Neurology (Iranzo, 2013), 80 à 90 % des patients développeront une maladie de Parkinson ou une démence à corps de Lewy dans les 10 à 15 ans. Ça n’a rien de rassurant, mais le savoir permet un suivi neurologique adapté et précoce.

Le TCSP nécessite toujours une consultation spécialisée.

Quand consulter

Chez l’enfant, les parasomnies du sommeil profond (somnambulisme, terreurs nocturnes) ne nécessitent généralement pas de consultation si elles sont occasionnelles et si l’enfant se développe normalement. On consulte si les épisodes sont très fréquents (plusieurs fois par semaine), s’ils entraînent un risque de blessure, ou s’ils persistent au-delà de l’adolescence.

Chez l’adulte, on consulte quand :

  • Le somnambulisme apparaît pour la première fois après 18 ans
  • Les épisodes de paralysie du sommeil sont fréquents et invalidants
  • Le/la partenaire rapporte des mouvements violents pendant le sommeil (surtout après 50 ans)
  • Les parasomnies perturbent significativement la qualité de vie

Le spécialiste du sommeil pourra proposer une polysomnographie (un enregistrement complet du sommeil en laboratoire) pour identifier le type exact de parasomnie et éliminer d’autres troubles associés, comme l’apnée du sommeil ou l’épilepsie nocturne.

Les informations présentes sur ce site ne remplacent pas un avis médical. Consultez votre médecin ou un spécialiste du sommeil.

Cet article a été rédigé à des fins d’information. Il ne se substitue pas à une consultation médicale. Consultez un professionnel de santé pour tout problème lié au sommeil.