Les effets de la lumière sur le sommeil

On sous-estime à quel point la lumière dicte notre sommeil. Pas seulement les écrans le soir (on va en parler), mais toute la lumière reçue au fil de la journée. Voici ce que la science nous apprend sur cette relation puissante entre photons et oreillers.

L’essentiel

  • 8 à 10 lux suffisent à supprimer 50 % de la sécrétion de mélatonine (Gooley et al., 2011).
  • La lumière bleue (460-480 nm) est la plus perturbatrice le soir, mais le problème principal reste la durée d’exposition.
  • S’exposer à la lumière naturelle le matin est aussi utile que limiter les écrans le soir.

La lumière, chef d’orchestre du rythme circadien

L’horloge biologique interne tourne sur un cycle d’environ 24 h 12 min. Sans lumière extérieure, elle dériverait. C’est la lumière qui la recale chaque jour, via des cellules spécialisées dans la rétine (les cellules à mélanopsine). Ces cellules ne servent pas à voir : elles mesurent l’intensité lumineuse et envoient l’information aux noyaux suprachiasmatiques de l’hypothalamus. C’est ce signal qui déclenche ou bloque la sécrétion de mélatonine par la glande pinéale.

La mélatonine commence à monter environ 2 heures avant votre heure d’endormissement habituelle. Elle atteint son pic entre 2 h et 4 h du matin. Toute lumière reçue pendant cette fenêtre la freine.

Le soir : même une veilleuse peut poser problème

L’étude de Gooley et al. (Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 2011) a montré qu’une exposition de seulement 8 à 10 lux pendant 30 minutes supprime la moitié de la sécrétion de mélatonine. Pour situer : une veilleuse, c’est 5 à 15 lux. Un couloir éclairé, 50 à 80 lux. Un écran de smartphone à bout de bras, 40 à 80 lux.

La lumière bleue (longueur d’onde 460 à 480 nm) est la plus efficace pour activer les cellules à mélanopsine. L’étude de Chang et al. (PNAS, 2014) l’a démontré de façon nette : lire sur un iPad 4 heures avant le coucher retarde la sécrétion de mélatonine d’1 h 30, allonge la latence d’endormissement et diminue la vigilance le lendemain matin. Le tout comparé à la lecture d’un livre papier.

Les filtres et modes « nuit » : utiles mais pas suffisants

Les modes Night Shift, filtres anti-lumière bleue et lunettes orangées réduisent l’exposition au spectre bleu. C’est mieux que rien. Mais ils n’éliminent pas le problème, pour deux raisons. D’abord, la lumière blanche résiduelle contient encore assez de photons pour affecter la mélatonine. Ensuite (et c’est souvent oublié), le contenu consulté sur l’écran stimule le cerveau indépendamment de la lumière : réseaux sociaux, actualités, messages. Le cerveau ne se met pas en mode « repos » quand il scrolle avec un filtre orange.

La recommandation reste d’arrêter les écrans 1 à 2 heures avant le coucher.

Les informations presentes sur ce site ne remplacent pas un avis medical. Consultez votre medecin ou un specialiste du sommeil.

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