Ronflement chez la femme : causes et solutions

On associe le ronflement aux hommes. Et c’est vrai qu’ils ronflent plus : environ 40 % des hommes adultes contre 24 % des femmes, selon l’AASM. Mais ce chiffre de 24 %, c’est près d’une femme sur quatre. Le ronflement féminin est sous-diagnostiqué, sous-déclaré (par gêne) et sous-traité. Les causes ne sont pas tout à fait les mêmes, et les solutions non plus.

L’essentiel à retenir

  • Environ 24 % des femmes ronflent régulièrement, un chiffre qui monte après la ménopause
  • La chute des oestrogènes et de la progestérone après 50 ans relâche les tissus des voies aériennes
  • Le ronflement féminin est souvent plus discret (ce qui retarde le diagnostic d’apnée)
  • Les femmes consultent en moyenne 5 ans plus tard que les hommes pour des troubles respiratoires du sommeil

Pourquoi les femmes ronflent (et pourquoi on n’en parle pas)

Avant la ménopause, les hormones féminines (oestrogènes, progestérone) protègent les voies aériennes supérieures en maintenant le tonus musculaire du pharynx. La progestérone est aussi un stimulant respiratoire. C’est ce qui explique l’écart homme-femme chez les jeunes adultes.

Après la ménopause, cette protection disparaît. La prévalence du ronflement et de l’apnée du sommeil chez les femmes rejoint progressivement celle des hommes. Une étude publiée dans Sleep (2013) montre que 47 % des femmes ménopausées rapportent un ronflement régulier.

Le tabou joue aussi. Beaucoup de femmes n’osent pas en parler (le ronflement est perçu comme « masculin » ou embarrassant). Les médecins eux-mêmes y pensent moins lors des consultations féminines. Résultat : les femmes sont diagnostiquées pour l’apnée du sommeil en moyenne 5 ans plus tard que les hommes, souvent à un stade plus avancé.

Les causes spécifiques chez la femme

CauseMécanismePopulation concernée
MénopauseChute hormonale, perte de tonus pharyngéFemmes 45-65 ans
Grossesse (3e trimestre)Prise de poids + congestion nasale hormonaleFemmes enceintes
HypothyroïdieInfiltration des tissus mous, prise de poidsFemmes 40+ (8 fois plus fréquente chez les femmes)
SurpoidsDépôts graisseux autour du pharynxToutes
Obstruction nasale (rhinite, déviation)Respiration buccale forcéeToutes

L’hypothyroïdie mérite une attention particulière. Elle touche 5 à 8 % des femmes (contre moins de 1 % des hommes) et provoque un ronflement par infiltration des tissus mous du cou et prise de poids. Un simple dosage de TSH permet de la détecter.

Quand consulter

Un ronflement occasionnel (rhume, fatigue, soirée arrosée) n’est pas inquiétant. En revanche, certains signaux doivent pousser à consulter : fatigue persistante malgré un temps de sommeil suffisant, maux de tête au réveil, bouche sèche le matin, réveils avec sensation d’étouffement. Chez les femmes, la fatigue diurne inexpliquée est souvent le premier (et parfois le seul) symptôme d’apnée.

Le diagnostic passe par une polygraphie ventilatoire (un examen à domicile qui enregistre la respiration pendant la nuit) ou une polysomnographie en laboratoire du sommeil.

Solutions adaptées

La perte de poids, quand il y a surpoids, réduit le ronflement dans 50 à 60 % des cas. Les orthèses d’avancée mandibulaire (gouttières dentaires qui avancent la mâchoire inférieure) sont efficaces pour le ronflement modéré. Le traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS) peut améliorer le ronflement chez certaines femmes, mais ce n’est pas son indication première et il doit être discuté avec le médecin.

Pour le ronflement positionnel (plus marqué sur le dos), dormir sur le côté est le premier réflexe. Des coussins de positionnement ou un t-shirt avec une balle de tennis dans le dos (oui, ça fonctionne) peuvent aider à maintenir la position latérale.

Le ronflement chez la femme n’est pas anodin. C’est un signal que les voies aériennes peinent à rester ouvertes, et il peut masquer une apnée du sommeil non diagnostiquée. En parler à son médecin, c’est déjà un pas vers des nuits plus réparatrices.

Les informations présentes sur ce site ne remplacent pas un avis médical. Consultez votre médecin ou un spécialiste du sommeil.

Les informations presentes sur ce site ne remplacent pas un avis medical. Consultez votre medecin ou un specialiste du sommeil.

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