Circadin : melatonine sur ordonnance

Circadin est un médicament un peu à part dans le paysage des somnifères. C’est le seul traitement à base de mélatonine disposant d’une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) en France. Contrairement aux benzodiazépines et aux Z-drugs, il n’agit pas en forçant le sommeil : il aide l’organisme à retrouver son rythme naturel. Et surtout, il ne provoque pas de dépendance.

C’est aussi un médicament sur ordonnance, avec des indications précises et un cadre de prescription bien encadré. On fait le tour de ce qu’il faut savoir, données scientifiques à l’appui.

L’essentiel sur Circadin

  • Mélatonine à libération prolongée, 2 mg
  • Seul médicament mélatonine avec AMM en France
  • Indiqué pour l’insomnie primaire chez les plus de 55 ans
  • Pas de dépendance, pas de somnolence résiduelle significative
  • Durée de traitement recommandée : jusqu’à 13 semaines
  • Remboursé à 30 % par la Sécurité sociale depuis mars 2026

Qu’est-ce que Circadin et comment agit-il ?

Circadin contient 2 mg de mélatonine à libération prolongée. La mélatonine, c’est cette hormone que la glande pinéale sécrète naturellement quand la lumière baisse. Elle ne provoque pas directement le sommeil : elle envoie au cerveau le signal que c’est le moment de dormir.

Sa particularité par rapport aux compléments de mélatonine en vente libre tient à sa galénique. La libération prolongée maintient des taux stables pendant 8 à 10 heures, imitant la courbe de sécrétion naturelle. Les compléments à libération immédiate produisent un pic rapide suivi d’une chute, ce qui ne reproduit pas le schéma physiologique.

La mélatonine agit sur deux types de récepteurs cérébraux : les récepteurs MT1 (qui favorisent l’endormissement en réduisant le signal d’éveil) et les récepteurs MT2 (qui synchronisent le rythme circadien). Ce mécanisme est fondamentalement différent de celui des benzodiazépines, qui provoquent une sédation via le système GABA. Circadin ne sède pas, il régule. Résultat : pas d’altération de l’architecture du sommeil, on dort mieux mais on dort « naturellement ».

Indications et posologie

L’AMM de Circadin est étroite : insomnie primaire chez les patients de 55 ans et plus, en monothérapie. Pourquoi cet âge ? Parce que la production naturelle de mélatonine diminue avec les années. Supplémenter a donc une logique physiologique chez les seniors.

En pratique, certains médecins prescrivent Circadin hors AMM chez des patients plus jeunes, notamment en cas de trouble du rythme circadien. Il n’est pas indiqué pour les insomnies secondaires (dépression, douleurs, apnée du sommeil).

La posologie est simple : 1 comprimé de 2 mg par jour, 1 à 2 heures avant le coucher, après un repas léger.

ParamètreRecommandation
Dose2 mg (1 comprimé)
Moment de prise1 à 2 h avant le coucher
Avec ou sans nourritureAprès un repas léger
Durée initiale3 semaines
Durée maximale13 semaines
RenouvellementPossible après réévaluation médicale

Le comprimé doit être avalé entier, sans être croqué ni écrasé. La matrice à libération prolongée ne fonctionne que si le comprimé reste intact. Circadin est déconseillé en cas d’insuffisance hépatique.

Effets secondaires et précautions

C’est probablement le principal atout de Circadin : son profil de tolérance est nettement meilleur que celui des hypnotiques classiques.

Effets indésirables les plus fréquents (1 à 10 % des patients) :

  • Céphalées
  • Pharyngite, douleurs dorsales
  • Asthénie (fatigue légère)

Effets peu fréquents :

  • Irritabilité, nervosité, agitation
  • Sensations vertigineuses
  • Rêves anormaux

Pas de somnolence résiduelle significative le matin, pas d’amnésie antérograde, pas de somnambulisme médicamenteux. Sur tous ces points, Circadin se distingue radicalement des benzodiazépines et des Z-drugs.

Précautions et contre-indications :

  • Association avec la fluvoxamine (inhibiteur du CYP1A2, qui multiplie les taux de mélatonine)
  • Prudence avec les anticoagulants oraux et les antidiabétiques
  • Éviter l’alcool, qui réduit l’efficacité de la mélatonine
  • Grossesse et allaitement : données insuffisantes, utilisation déconseillée

Autre avantage majeur : pas de syndrome de sevrage à l’arrêt. On peut arrêter Circadin du jour au lendemain, sans rebond d’insomnie ni symptômes de manque. C’est une différence fondamentale avec les benzodiazépines, où l’arrêt brutal peut provoquer un sevrage parfois sévère.

Alternatives

Circadin occupe une niche thérapeutique : l’insomnie primaire du senior, sans dépendance. Si ce profil ne correspond pas à la situation, d’autres pistes existent :

  • Compléments de mélatonine en vente libre : doses inférieures à 2 mg, libération immédiate. Pas le même profil pharmacologique, mais accessibles sans ordonnance
  • Somnifères classiques : benzodiazépines et Z-drugs, plus puissants mais avec risque de dépendance. Réservés au court terme
  • Antagonistes de l’orexine (Quviviq) : nouvelle classe, sans dépendance physique identifiée, indiquée à tout âge adulte
  • TCC-I : traitement non médicamenteux de référence, efficacité prouvée sur le long terme

Questions fréquentes

Quelle différence entre Circadin et la mélatonine en pharmacie ?

La mélatonine vendue comme complément alimentaire est à libération immédiate et dosée en dessous de 2 mg. Circadin est à libération prolongée (8 à 10 heures), avec une AMM et des études cliniques encadrant son efficacité et sa sécurité. Même molécule, mais pas le même produit.

Peut-on prendre Circadin avant 55 ans ?

L’AMM le réserve aux plus de 55 ans. Un médecin peut le prescrire hors AMM chez un patient plus jeune, notamment en cas de trouble du rythme circadien. Pour les adultes plus jeunes souffrant d’insomnie chronique, la TCC-I reste le traitement de première intention.

Les informations presentes sur ce site ne remplacent pas un avis medical. Consultez votre medecin ou un specialiste du sommeil.
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